En bref
- Jet Modélisme, installé au 1 place Saint-Nizier dans le Lyon 1er, doit cesser son activité le 28 février.
- La maison fondée par Alexandre Sellem remonte à 1961, ce qui porte son parcours à 65 ans d’histoire.
- La gérante Marie-Jeanne Sellem part à la retraite sans avoir trouvé de repreneur pour ce vaste commerce de 200 m².
- La disparition de cette boutique locale prive les maquettistes, collectionneurs et amateurs d’outillage spécialisé d’un point de conseil rare dans l’hypercentre.
- La famille relie aussi cette décision à la difficulté d’accès automobile dans le centre, depuis la mise en place de la zone à trafic limitée.
Jet Modélisme dans le Lyon 1er ferme après 65 ans d’histoire
Le 28 février marque la fermeture définitive de Jet Modélisme, au 1 place Saint-Nizier. Pendant plusieurs décennies, la vitrine a fait partie du paysage quotidien entre les rues de la Fromagerie, Chavanne et de Brest, à quelques pas de l’église Saint-Nizier. Derrière les maquettes exposées, les petites boîtes de peinture, les avions miniatures et l’outillage précis, se trouvait bien davantage qu’un magasin : un lieu où l’on venait chercher une pièce, un conseil et parfois la solution à un projet commencé depuis longtemps.
La scène résume assez bien les derniers jours de l’enseigne. Un client demande à quel moment un produit comparable à du sable fin pour décor sera à nouveau disponible. La réponse tombe, nette et triste : il n’y aura pas de réassort. Les rayonnages se vident parce que le magasin cesse son activité. Pour les habitués, l’annonce a la densité d’une mauvaise nouvelle familiale : dans ce secteur très fréquenté, peu de commerces permettaient encore de trouver immédiatement une colle technique, une hélice, un élément de décor ferroviaire ou une miniature précise.
L’histoire commence en 1961, lorsque Alexandre Sellem ouvre une première boutique rue du Président-Édouard-Herriot, dans le 2e arrondissement. Cinq ans plus tard, l’activité s’installe rue de la Fromagerie, dans le 1er arrondissement, afin de bénéficier d’un espace plus adapté. L’adresse actuelle de la place Saint-Nizier est occupée depuis 1972. Ces trois étapes racontent aussi l’évolution d’un métier qui nécessitait de la place : le modélisme ne se limite pas à quelques boîtes de maquettes, il rassemble des objets fragiles, volumineux, techniques et extrêmement divers.
| Repère | Information |
|---|---|
| Adresse | 1 place Saint-Nizier, Lyon 1er |
| Date de création | 1961, rue du Président-Édouard-Herriot |
| Installation place Saint-Nizier | 1972 |
| Date annoncée de fermeture | 28 février |
| Motif principal | Départ à la retraite et absence de repreneur |
Le chiffre de 65 ans d’histoire ne relève donc pas d’une nostalgie vague. Il désigne une continuité commerciale rare dans une ville dont les rez-de-chaussée changent rapidement de destination. La boutique a traversé les transformations de la Presqu’île, l’arrivée des grandes enseignes, la montée de la vente en ligne et la recomposition progressive des usages du centre-ville. Elle a aussi accueilli plusieurs générations de familles, des adultes qui avaient construit leurs premiers modèles réduits enfants, puis leurs propres enfants venus choisir une locomotive, une coque de bateau ou un avion à assembler.
Cette longévité explique l’émotion suscitée par la fermeture. La disparition d’un commerce historique ne se mesure pas seulement à son ancienneté : elle concerne aussi la somme de connaissances accumulées derrière un comptoir. Les références techniques changent, les fabricants disparaissent ou sont repris, les matériaux évoluent. Un vendeur expérimenté sait cependant rapprocher une demande imprécise d’un produit réellement utilisable. Dans le modélisme, cet échange évite beaucoup d’achats inutiles et, surtout, beaucoup de projets abandonnés.
À Lyon, les commerces spécialisés ont longtemps constitué un réseau discret mais solide. Librairies, marchands de fournitures artistiques, ateliers d’encadrement ou magasins de matériel ferroviaire participent à une ville pratiquée, fabriquée, collectionnée. Jet Modélisme appartenait à cette géographie patiente. Sa fermeture rejoint les interrogations déjà soulevées par la disparition d’autres enseignes emblématiques lyonnaises, qui laissent derrière elles des habitudes difficiles à reconstituer.
Le rideau qui se baisse place Saint-Nizier ne signifie pas que la passion s’efface. Il rappelle en revanche que les lieux capables de la nourrir matériellement et humainement sont devenus fragiles.

La boutique Jet Modélisme et son stock spécialisé au cœur de Saint-Nizier
Avec ses 200 m² au sol et son stock constitué sur plusieurs décennies, Jet Modélisme ne fonctionnait pas comme une simple surface de vente. Le lieu répondait aux besoins simultanés de plusieurs pratiques : maquettes statiques, modèles radiocommandés, miniatures automobiles, modélisme naval, aviation, réseaux ferroviaires, dioramas et figurines. Cette diversité explique l’attachement de clients aux profils très différents, du collectionneur méticuleux au parent venu préparer une activité manuelle avec un adolescent.
La configuration des lieux comptait elle aussi. Le magasin disposait d’une traboule reliant la place Saint-Nizier à la rue Chavanne. Dans le 1er arrondissement, ces passages ont souvent joué un rôle très concret dans la vie urbaine : ils raccourcissent un trajet, créent un second accès et donnent une épaisseur particulière aux immeubles. Ici, la traboule n’était pas un décor de carte postale mais un élément de circulation intégré à l’activité de la boutique. Elle reliait le commerce aux flux piétons de deux rues vivantes du centre.
Les amateurs de modélisme savent qu’une référence ne remplace pas nécessairement une autre. Une peinture peut avoir une granulométrie ou une finition précise ; une pièce de rechange doit correspondre à une échelle, à un fabricant et parfois à une génération de modèle. L’outillage lui-même compte : pince coupante fine, lime, aérographe, colle adaptée au plastique ou au bois, lame de précision. Commander en ligne peut résoudre une partie des besoins, mais il est moins simple de comparer un matériau, de vérifier un diamètre ou d’obtenir un conseil immédiat.
Un lieu de transmission pour la passion modélisme
La passion modélisme repose sur le temps long. Monter une maquette d’avion ou élaborer le paysage d’un réseau ferroviaire demande des heures de découpe, de peinture et d’observation. À Jet Modélisme, le client pouvait arriver avec une idée très simple et repartir avec les outils nécessaires, mais aussi avec une méthode. Cette médiation humaine fait toute la différence entre une boîte laissée fermée dans un placard et un objet achevé, exposé ou offert.
Les enfants y découvraient souvent que la miniature n’est pas un jouet uniforme. Elle suppose de lire une notice, de classer des pièces, de comprendre une échelle et d’accepter les reprises. Les adultes, eux, y retrouvaient parfois un loisir pratiqué dans leur jeunesse. Ce dialogue entre les âges est précieux : il rapproche un savoir-faire manuel de l’histoire industrielle, de l’architecture, des techniques de transport et de l’observation du réel.
Le commerce proposait également une forme de sociabilité sans mise en scène. Les échanges au comptoir pouvaient porter sur une carrosserie, la reproduction d’un navire ou la façon de faire tenir des arbres miniatures dans un décor. Rien d’anodin dans ces conversations : elles transmettaient des solutions concrètes, souvent absentes des notices. Le spécialiste reconnaît le niveau du client, ses habitudes, la difficulté qu’il rencontre et l’oriente vers une option raisonnable.
Cette fonction de conseil devient d’autant plus visible au moment où elle disparaît. Le stock immense de la place Saint-Nizier constituait une mémoire matérielle faite de références connues des habitués, parfois difficiles à identifier pour le public occasionnel. Un site marchand peut présenter une photographie et une fiche technique ; il ne reproduit pas tout à fait la comparaison directe entre deux peintures ni l’œil du commerçant qui recommande un produit plus fiable que celui initialement envisagé.
La fermeture définitive fragilise ainsi une chaîne locale de pratiques. Les clubs, les particuliers, les collectionneurs et les familles devront réorganiser leurs habitudes d’approvisionnement. Certains trouveront d’autres enseignes, d’autres commanderont à distance, mais tous perdront l’avantage d’un magasin central, accessible à pied depuis une grande partie de la Presqu’île. Pour qui souhaitait associer une visite au magasin à une promenade dans le quartier, la place Saint-Nizier offrait cette commodité devenue rare.
Ce vaste local rappelle que le commerce de détail peut encore être un atelier de connaissances. Lorsqu’il disparaît, ce sont des rayons qui ferment, mais aussi une manière d’apprendre en manipulant.
Les raisons de la fermeture définitive de Jet Modélisme à Lyon
La décision ne résulte pas d’un seul facteur. Marie-Jeanne Sellem, belle-fille du fondateur et gérante du magasin, prend sa retraite à 67 ans. Elle aurait souhaité voir l’aventure se poursuivre, mais aucun repreneur n’a pu être trouvé. Pour une entreprise indépendante de cette taille, la transmission dépasse largement la reprise d’un nom commercial : elle implique un local de 200 m², un stock très vaste, des fournisseurs, une clientèle spécialisée et une organisation adaptée à une activité dont les marges et les rotations de produits ne ressemblent pas à celles d’une boutique de mode.
La gérante évoque également la difficulté d’obtenir un financement. Un repreneur potentiel doit pouvoir absorber les coûts liés au stock, au bail, aux charges et au fonctionnement quotidien, tout en imaginant une activité viable dans un centre-ville déjà soumis à de fortes contraintes. Les banques examinent ces dossiers à partir de données financières, mais la valeur d’un commerce de passion se trouve aussi dans son savoir accumulé, ses relations et sa réputation. Ces éléments sont essentiels, sans toujours se traduire facilement dans un plan de financement.
Il serait pourtant trop commode d’attribuer cette disparition au seul commerce en ligne. La famille ne présente pas internet comme la cause déterminante de la fermeture. Le numérique modifie bien les habitudes d’achat, notamment pour les références standardisées, mais il ne suffit pas à expliquer le destin d’une enseigne présente depuis 1961. Les clients recherchaient encore l’expertise du magasin, précisément parce que les produits vendus appellent souvent une vérification et un accompagnement.
La zone à trafic limitée dans l’équation du centre-ville
La mise en place de la zone à trafic limitée, ou ZTL, dans le centre de Lyon est en revanche citée par la gérante parmi les difficultés rencontrées. Elle estime que l’accès automobile est devenu plus complexe pour une part de la clientèle. Ce point mérite d’être regardé avec précision : une boutique de modélisme attire des visiteurs venant parfois de loin, chargés d’objets fragiles ou volumineux, et dont les achats ne se prêtent pas toujours à un trajet en transports publics.
La ZTL poursuit des objectifs de réduction du trafic de transit et d’amélioration de l’espace urbain. Elle modifie cependant les habitudes de déplacement vers les commerces de l’hypercentre. Pour les enseignes qui dépendent surtout du passage piéton, le changement peut produire des effets limités ou positifs. Pour celles qui accueillent une clientèle spécialisée, venant chercher une référence précise et repartant avec des cartons, des maquettes ou du matériel encombrant, l’équilibre est différent.
Cette nuance n’oppose pas mécaniquement les piétons aux commerçants. Elle invite à considérer les usages réels : possibilité de livraison, horaires de chargement, signalétique, accès aux parkings périphériques, clarté des itinéraires autorisés. Un commerce spécialisé ne se fréquente pas toujours comme un café ou une boulangerie. Son attractivité peut reposer sur un déplacement planifié, parfois familial, pour lequel la simplicité d’accès compte beaucoup.
- La retraite de la gérante constitue le déclencheur direct de l’arrêt d’activité.
- L’absence de repreneur empêche la continuité de l’enseigne et de son équipe de savoir-faire.
- La taille du local et du stock alourdit le coût et la complexité d’une reprise.
- Les conditions d’accès au centre-ville, notamment pour les clients motorisés, sont présentées comme un frein supplémentaire.
La fermeture intervient donc à la rencontre de facteurs humains, économiques et urbains. Elle ne raconte pas l’échec d’une passion, ni celui d’une clientèle ; elle révèle la fragilité structurelle des commerces qui reposent sur une expertise difficilement transmissible. Dans un quartier où les cellules commerciales sont convoitées, maintenir une activité à forte surface, riche en stock et à rotation lente devient un pari exigeant.
Cette situation rappelle celle d’autres maisons indépendantes lyonnaises. La récente fermeture des Apothicaires dans le 6e arrondissement montre, dans un autre registre, combien le départ d’un établissement peut modifier les habitudes d’un quartier. Chaque cas possède ses causes, mais tous interrogent la capacité de Lyon à conserver des adresses dont l’utilité ne se limite pas à la consommation immédiate.
Derrière la fermeture d’un magasin, il y a donc une question très concrète : comment permettre à des métiers spécialisés de transmettre leur activité sans perdre ce qui faisait leur singularité ?
Le commerce historique de la place Saint-Nizier dans le patrimoine lyonnais
Le patrimoine lyonnais ne se réduit pas aux façades classées, aux églises et aux musées. Il comprend aussi les usages qui donnent un sens quotidien aux rues. Une boutique installée depuis des décennies sur une place centrale fait partie de cette mémoire active. Les Lyonnais ne la regardent pas toujours comme un monument, mais ils l’intègrent à leurs parcours : on y passe en allant vers les quais de Saône, en remontant de Bellecour, en rejoignant les Terreaux ou en traversant le quartier Saint-Nizier.
Jet Modélisme a connu plusieurs Lyon. En 1961, l’ouverture rue du Président-Édouard-Herriot s’inscrivait dans une Presqu’île très commerciale, où les grands magasins et les détaillants spécialisés cohabitaient étroitement. Le déménagement rue de la Fromagerie en 1966 puis l’installation place Saint-Nizier en 1972 correspondent à une recherche d’espace et de stabilité. La boutique a ensuite accompagné les transformations du commerce, des pratiques de loisirs et de la sociologie du centre.
Son intérêt patrimonial tient d’abord à sa durée, mais aussi à sa spécialisation. L’histoire urbaine garde volontiers la trace des grandes marques, des institutions et des bâtiments remarquables. Elle documente moins facilement les magasins qui vendaient des produits techniques à une clientèle fidèle. Pourtant, ces lieux racontent les loisirs des habitants, l’essor de la miniature, l’importance de la fabrication domestique et le goût pour les objets construits avec patience.
Une traboule qui relie deux manières de vivre le quartier
La traboule du magasin mérite une attention particulière. À Lyon, ces passages sont souvent associés au Vieux-Lyon et à la Croix-Rousse, mais ils existent aussi dans d’autres secteurs de la ville. Leur fonction est simple et très urbaine : raccourcir la traversée d’un îlot. Celle qui relie la place Saint-Nizier à la rue Chavanne rappelle que les immeubles du centre ont été conçus avec une profondeur, des cours et des circulations intérieures qui échappent à la lecture rapide de la rue.
Dans le cas de Jet Modélisme, cette configuration créait une relation singulière entre le commerce et son environnement. Un client pouvait entrer depuis la place, ressortir rue Chavanne et prolonger sa marche vers les Halles de la Martinière ou les quais. Cette porosité donne une idée de ce que perd un quartier lorsque les locaux changent de fonction : pas seulement une enseigne, mais une façon concrète de circuler, de s’arrêter et d’échanger.
Il convient aussi de distinguer conservation patrimoniale et immobilité. Une ville vivante transforme ses rez-de-chaussée ; tous ne peuvent ni ne doivent rester identiques. Mais l’histoire d’un lieu gagne à être connue avant que sa fonction ne s’efface. Photographier une vitrine, recueillir les souvenirs des clients, documenter les archives commerciales et identifier les objets marquants permet de garder une trace sérieuse, au-delà de l’émotion des derniers jours.
La fermeture de cette boutique locale intervient dans un moment où les Lyonnais s’interrogent davantage sur les commerces qui structurent leurs quartiers. Les nouvelles tables et les nouvelles adresses ont naturellement leur place dans la ville ; elles participent à son renouvellement. Mais elles ne remplacent pas mécaniquement les magasins de transmission. Les lecteurs qui suivent l’évolution des nouvelles tables du 6e arrondissement le constatent : chaque ouverture apporte une proposition, tandis que chaque fermeture retire un repère et une compétence.
Le nom de Jet Modélisme restera lié à la place Saint-Nizier comme ces enseignes que l’on indique encore longtemps après leur disparition. Il appartient désormais aux anciens clients, aux proches de la maison et aux observateurs du commerce lyonnais d’en préserver le récit avec des dates, des photographies et des souvenirs précisément situés.
Un patrimoine commercial survit lorsqu’on le raconte avec exactitude. Dans le cas de Jet Modélisme, les 65 années d’activité offrent déjà une histoire suffisamment dense pour mériter cette attention.
Ce que la fin d’une époque change pour les amateurs de modélisme lyonnais
La fin d’une époque annoncée place Saint-Nizier pose immédiatement une question pratique aux amateurs : où trouver désormais les produits et les conseils qui faisaient la force de l’enseigne ? Il n’existe pas de réponse unique, car les besoins varient fortement. Celui qui réalise un diorama n’achète pas les mêmes fournitures que l’adepte d’aéromodélisme ; le collectionneur de miniatures automobiles ne recherche pas les mêmes références qu’un passionné de modélisme ferroviaire.
Le premier réflexe utile consiste à inventorier les projets en cours avant la fermeture. Une maquette avancée nécessite parfois une peinture, un décalcomanie, une pièce mécanique ou un matériau de décor très spécifique. Conserver les références exactes, noter les échelles utilisées et photographier les emballages évitera des recherches hasardeuses par la suite. Les habitués qui connaissent les marques distribuées par Jet Modélisme gagneront à établir cette liste avant que les rayons ne soient entièrement vidés.
Le second enjeu est collectif. Les clubs de modélisme, associations de quartier, bourses d’échange et salons spécialisés peuvent compenser une partie de la perte du magasin en partageant les bonnes adresses et les solutions techniques. Ils ne remplacent pas le comptoir quotidien, mais ils maintiennent une circulation de connaissances. Un débutant peut y apprendre à choisir son échelle ; un amateur confirmé peut y trouver une pièce ou un fournisseur grâce à la mémoire d’un autre membre.
Préserver la transmission après la fermeture définitive
La pratique se transmet aussi par les objets. Une maquette terminée mérite d’être photographiée sous plusieurs angles, accompagnée de quelques indications : modèle représenté, échelle, durée du montage, matériaux employés, difficultés rencontrées. Ces informations paraissent modestes, pourtant elles forment une archive vivante. Elles peuvent aider un autre amateur à comprendre un choix de peinture ou de montage, et elles prolongent l’esprit de conseil qui animait le commerce.
Les familles peuvent également profiter de cette actualité pour redonner une place aux activités de construction. Le modélisme développe une attention précieuse dans un quotidien souvent fragmenté : suivre une notice, mesurer, attendre le séchage, recommencer une pièce mal ajustée. Il ne s’agit pas de sanctuariser un loisir d’hier, mais de reconnaître sa capacité à relier technique, imagination et observation. Un enfant qui monte une locomotive miniature touche aussi, à son échelle, à l’histoire du rail et du travail industriel.
Dans le Lyon 1er, la fermeture modifie enfin l’équilibre commercial autour de Saint-Nizier. Les passants continueront de fréquenter la place, ses commerces et les rues qui l’entourent. Mais l’offre perd une adresse non interchangeable. Les boutiques très spécialisées attirent parfois peu de clients à un instant donné ; elles créent pourtant des déplacements ciblés et une fidélité durable, ce qui participe à la diversité d’un quartier.
Le dernier jour, les habitués auront probablement le sentiment de saluer plus qu’une devanture. Ils salueront des gestes appris, des conseils reçus, des achats préparés avec soin et un magasin où la précision avait droit de cité. Cette mémoire doit rester attachée à l’adresse, même lorsque l’activité aura changé.
Pour les visiteurs comme pour les Lyonnais, le geste le plus juste consiste à passer place Saint-Nizier avant le 28 février, non pour céder à une nostalgie pressée, mais pour reconnaître ce que cette maison a apporté à la ville. La disparition de Jet Modélisme rappelle qu’un commerce indépendant devient un repère parce qu’il rend service, année après année, avec une compétence que l’on croit acquise jusqu’au jour où elle manque.
Quand Jet Modélisme ferme-t-il définitivement ?
La fermeture définitive de Jet Modélisme est annoncée pour le 28 février. Les clients qui ont des projets en cours ont intérêt à vérifier rapidement la disponibilité des références recherchées.
Où se trouvait Jet Modélisme à Lyon ?
La boutique était située au 1 place Saint-Nizier, dans le Lyon 1er. Elle disposait également d’un passage donnant vers la rue Chavanne.
Depuis quand Jet Modélisme existait-il ?
L’enseigne a été créée en 1961 par Alexandre Sellem, d’abord rue du Président-Édouard-Herriot. Après un passage rue de la Fromagerie, elle s’est installée place Saint-Nizier en 1972.
Pourquoi le magasin cesse-t-il son activité ?
La gérante Marie-Jeanne Sellem prend sa retraite et aucun repreneur n’a été trouvé. La taille du local, l’importance du stock, les difficultés de financement et les conditions d’accès au centre-ville ont compliqué une transmission.