En bref
- Les Apothicaires, restaurant étoilé de la rue de Sèze à Lyon 6e, a servi son dernier dîner le vendredi 28 avril 2023.
- Tabata et Ludovic Mey ont fermé cette table ouverte en 2016, devenue étoilée au Guide Michelin en 2020, faute d’espace suffisant pour développer leur projet.
- Le local ne comptait qu’environ 90 m², cuisine et cave incluses, une contrainte devenue trop forte pour l’ambition culinaire et le travail en salle du couple.
- La fermeture ne signifiait pas l’abandon de leur nom ni de leur activité : les chefs entendaient conserver la marque Les Apothicaires et poursuivre, notamment, l’aventure Food Traboule.
- Cette page tournée en 2023 reste un repère dans l’histoire récente de la gastronomie lyonnaise, où les fermetures peuvent aussi marquer le début d’un projet plus ample.
| Repère | Information |
|---|---|
| Adresse historique | Les Apothicaires, rue de Sèze, Lyon 6e |
| Dernier service | Vendredi 28 avril 2023 au soir |
| Ouverture initiale | 2016 |
| Distinction | Une étoile Michelin obtenue en 2020 |
| Motif annoncé | Un établissement d’environ 90 m² devenu inadapté aux ambitions du couple |
Fermeture des Apothicaires à Lyon 6e, une décision préparée dès 2021
La fermeture des Apothicaires n’a pas été décidée sur un coup de tête ni provoquée par un essoufflement de la cuisine. Le restaurant de la rue de Sèze, dans le 6e arrondissement de Lyon, a fermé après le service du vendredi 28 avril 2023, au terme de presque sept années d’activité. Cette date compte dans l’actualité de la restauration lyonnaise : elle concerne une adresse reconnue par le Guide Michelin, portée par deux chefs dont la trajectoire a accompagné le renouvellement de la cuisine française à Lyon.
Ouverte en 2016, la table imaginée par Tabata et Ludovic Mey s’était installée dans un format volontairement resserré. Le lieu revendiquait une proximité entre l’équipe et les convives, avec une cuisine personnelle, nourrie d’influences diverses et d’une technique exigeante. En 2020, l’étoile Michelin a confirmé la visibilité de cette proposition. Elle a aussi changé l’échelle du projet : une distinction amène une attente accrue, une clientèle plus large et des besoins de production qui ne se règlent pas par la seule bonne volonté d’une brigade.
Les chefs expliquaient réfléchir à la vente de leur établissement depuis la fin de l’année 2021. Il importe de replacer cette chronologie dans son contexte. Le secteur sortait alors de mois très heurtés pour les restaurants, entre fermetures administratives, reprise progressive, difficultés de recrutement et hausse des coûts de fonctionnement. Chez les Mey, le raisonnement n’était pourtant pas celui d’un repli. Il s’agissait de disposer d’un outil de travail capable de suivre l’évolution de leur cuisine.
Les Apothicaires occupaient environ 90 m², cuisine et cave comprises. Ce chiffre paraît abstrait jusqu’à ce qu’il soit rapporté à la réalité d’un restaurant étoilé : il faut y préparer les produits, stocker les vins, organiser la plonge, dresser les assiettes, accueillir les clients et permettre à une équipe de circuler sans perdre de temps ni de précision. Dans une maison gastronomique, chaque geste réclame une place. Le passe, les postes chauds, les préparations froides, la pâtisserie et le rangement des livraisons doivent cohabiter dans une mécanique très réglée.
Ludovic Mey avait alors souligné que l’étoile constituait une fierté et une reconnaissance, mais qu’elle ne suffisait pas à répondre aux ambitions du duo. Le couple souhaitait approfondir les techniques, enrichir les plats et faire évoluer le service. Autrement dit, la récompense n’était pas une ligne d’arrivée. Elle mettait davantage en évidence la distance entre la qualité déjà obtenue et les conditions matérielles nécessaires pour aller plus loin.
Cette décision rappelle une évidence souvent oubliée lorsqu’un restaurant réputé baisse le rideau : une enseigne n’est pas seulement une salle pleine et des assiettes admirées. C’est aussi un bail, un laboratoire, des mètres carrés de stockage, des horaires de livraison, une cave et une équipe qui doit pouvoir travailler avec continuité. Dans les quartiers centraux, où les locaux adaptés restent rares, l’espace devient une question gastronomique à part entière.
La fermeture a été rendue possible par la cession du lieu à un acquéreur. Les chefs ont ainsi pu assurer leurs derniers services sans annoncer une rupture brutale à leurs clients. Cette sortie ordonnée contraste avec certaines disparitions de tables indépendantes, souvent liées à une procédure, à des impayés ou à l’absence de repreneur. Ici, le mot « fermeture » désignait avant tout la fin d’un cycle précis, celui de l’adresse de la rue de Sèze.
Pour les habitués du Lyon 6e, le changement avait une portée concrète. Les Apothicaires participaient à la densité gastronomique du secteur, entre cours Vitton, boulevard des Brotteaux et quais du Rhône. La disparition d’une table étoilée modifie toujours les habitudes de réservation, les itinéraires de dîner et la vie d’une rue. Elle rappelle aussi que la vitalité d’un quartier dépend de lieux capables de se transformer, pas seulement de conserver leur enseigne.
Le dernier service d’avril 2023 n’a donc pas clos une aventure culinaire : il a mis fin à un cadre devenu trop étroit pour elle.

Restaurant étoilé Les Apothicaires, les limites d’un local de 90 m²
La réputation d’un restaurant étoilé repose souvent, à juste titre, sur le talent des chefs et la précision de leurs assiettes. Elle dépend tout autant de ce que les clients ne voient pas. Dans le cas des Apothicaires, l’exiguïté du local a fini par peser sur le développement de la maison. Tabata et Ludovic Mey avaient choisi au départ un établissement intime, simple dans son accueil et ambitieux dans l’assiette. Cette équation fonctionnait à l’ouverture ; elle devenait moins tenable à mesure que la table gagnait en maturité.
Un espace de 90 m² pour une salle, une cuisine et une cave impose des arbitrages permanents. Chaque bouteille commande un volume de stockage. Chaque fournisseur exige une réception organisée. Chaque nouveau plat suppose des essais, des contenants, une mise en place et parfois du matériel supplémentaire. Dans une cuisine gastronomique, le manque de place ne gêne pas seulement le confort : il limite le nombre de préparations possibles en parallèle et réduit les marges de sécurité pendant le service.
Les tables serrées participaient au caractère convivial de l’établissement, mais elles formaient aussi une limite pour l’expérience recherchée par les chefs. Le projet initial privilégiait une forme de proximité, loin du décorum rigide que certains associent encore à la haute cuisine. Avec les années, le couple a exprimé le souhait de proposer une réception plus aboutie, depuis l’entrée des clients jusqu’au rythme du repas. Cette évolution ne renie pas l’esprit des débuts ; elle en tire les conséquences.
Un dîner gastronomique repose sur une succession de détails : l’accueil, la place autour de la table, l’acoustique, la température des verres, le temps entre deux séquences, la possibilité pour les serveurs de raconter un plat sans se faufiler entre les chaises. Lorsque la salle est contrainte, l’équipe compense par une attention redoublée. Mais l’énergie dépensée à contourner l’obstacle ne peut plus être consacrée à l’amélioration du geste ou à l’échange avec les convives.
Le cas des Apothicaires éclaire une réalité de la cuisine française contemporaine. Les chefs de la nouvelle génération ne se contentent plus d’opposer gastronomie et décontraction. Ils cherchent à faire coexister des produits très travaillés, un service précis, des influences venues de leurs parcours et une atmosphère accessible. Tabata Mey, dont l’identité culinaire a participé à la singularité de la maison, et Ludovic Mey, attentif à la construction globale de l’expérience, avaient besoin d’un lieu capable d’accueillir cette ambition sans multiplier les compromis.
Le mot « outil » employé par les restaurateurs mérite d’être entendu dans son sens concret. Un restaurant est un atelier. On y prépare, on y range, on y refroidit, on y nettoie, on y reçoit et on y transmet un savoir-faire à une brigade. Quand l’atelier devient trop petit, il peut freiner la créativité plutôt que la stimuler. L’image romantique d’une petite cuisine où tout serait possible a ses limites : la régularité exigée par une table distinguée réclame aussi de bonnes conditions de travail.
Cette question concerne bien au-delà d’un seul établissement. Dans les quartiers centraux de Lyon, la recherche d’un local répondant à des normes techniques, accessible aux fournisseurs, suffisamment vaste et compatible avec une salle agréable est longue. Les chefs doivent composer avec un marché commercial tendu, des travaux coûteux et des autorisations qui demandent du temps. Trouver une adresse ne consiste pas à choisir une belle devanture ; il faut vérifier les extractions, les réseaux, les réserves, la circulation et la faisabilité économique.
Le départ des Mey a aussi posé une question plus large pour les amateurs de gastronomie lyonnaise : faut-il préserver l’adresse à tout prix, même si elle empêche le projet de grandir ? Leur réponse a été claire. Le nom Les Apothicaires devait rester leur propriété, mais le futur lieu devait déterminer sa forme et peut-être son appellation. Cette prudence témoigne d’une compréhension fine de la restauration : une marque peut survivre à une adresse, à condition que le nouveau cadre reste fidèle à l’élan qui l’a fait connaître.
Dans ce paysage, les lecteurs intéressés par les parcours de salle peuvent également suivre le portrait d’une sommelière lyonnaise dans un restaurant étoilé. Il rappelle que la réussite d’une maison se joue aussi dans le dialogue entre cuisine, vins et accueil, bien au-delà de la seule signature du chef.
À Lyon 6e, les 90 m² des Apothicaires ont fini par raconter moins une fragilité qu’une ambition devenue plus vaste que ses murs.
Tabata et Ludovic Mey, une cuisine française construite à deux
Réduire Les Apothicaires à une étoile ou à une fermeture serait passer à côté de l’essentiel : le restaurant portait un travail de duo. Tabata et Ludovic Mey y avaient construit une identité nourrie de leurs sensibilités, de leurs expériences et d’une volonté commune de faire bouger les lignes de la gastronomie lyonnaise. Le fait que le nom ait été conservé après la vente du local montre que les chefs ne le considéraient pas comme une simple enseigne attachée à la rue de Sèze.
Une table à deux signatures suppose un équilibre particulier. Le public se souvient volontiers du visage le plus médiatisé, mais la cohérence d’un restaurant naît d’échanges quotidiens : choix d’un produit, test d’une cuisson, accord avec un vin, organisation du service, gestion de l’équipe. Dans une cuisine exigeante, le dialogue ne s’interrompt jamais vraiment. Il s’incarne dans les menus, puis dans les ajustements faits au fil des saisons et des retours de salle.
Les chefs évoquaient le désir d’aller plus loin dans les techniques et dans l’élaboration de leurs plats. Cette formule ne renvoie pas forcément à une cuisine plus compliquée. Elle peut signifier davantage de temps consacré aux sauces, aux fermentations, aux jus, aux textures, aux cuissons lentes ou aux recherches sur un produit local. Une assiette très lisible peut réclamer plusieurs jours de préparation. Le client voit quelques éléments ; la brigade a souvent réalisé en amont une chaîne entière de gestes.
La cuisine française garde à Lyon une place singulière. La ville reste associée aux bouchons, aux abats, aux charcuteries, aux quenelles et aux grandes maisons historiques. Pourtant, elle ne se résume pas à un répertoire figé. Les restaurants contemporains y apportent d’autres références, souvent sans effacer le lien avec le produit, la saison et le marché. Les Apothicaires s’inscrivaient dans ce mouvement : une table pensée pour son époque, capable de dialoguer avec la tradition lyonnaise sans la rejouer à l’identique.
Le couple avait aussi insisté sur la dimension humaine de ses années rue de Sèze. Parmi les souvenirs retenus, Ludovic Mey mettait en avant la cohésion de l’équipe, l’esprit de famille et la volonté de certains collaborateurs de les accompagner dans une prochaine aventure. Cette attention mérite d’être relevée. Dans un secteur où les horaires sont éprouvants et où le recrutement demeure un sujet central, garder la confiance d’une brigade constitue un actif aussi précieux qu’une cave ou qu’une distinction au guide.
Un chef étoilé ne travaille jamais seul, même si son nom domine l’enseigne. La personne chargée des desserts, le second, la plonge, les commis, les serveurs et les sommeliers participent tous à la perception d’un repas. Lorsque les chefs annoncent un changement d’adresse ou de format, l’enjeu est donc double : inventer une nouvelle proposition pour le public et maintenir une communauté de travail. Les paroles des Mey sur les équipes indiquaient qu’ils avaient pleinement conscience de cette responsabilité.
La période séparant deux restaurants peut être productive. Tabata et Ludovic Mey envisageaient de voyager en France, de regarder ce qui se faisait ailleurs et de nourrir leur réflexion avant de définir une nouvelle maison. Pour des professionnels de cette stature, observer ne signifie pas copier. Il s’agit de comprendre les usages de salle, les méthodes de production, les cartes courtes, les choix de mobilier ou les relations avec les producteurs. Une visite de restaurant devient alors une forme d’enquête professionnelle.
Cette démarche explique pourquoi ils ne voulaient pas se précipiter. Après avoir trouvé Les Apothicaires en deux mois avant leur ouverture, ils s’accordaient davantage de temps pour la suite, avec l’espoir d’aboutir avant la fin de 2023. Le Lyon 6e et le 2e arrondissement figuraient parmi les secteurs envisagés, sans que la localisation exacte ne soit arrêtée au moment de l’annonce. Le choix d’un quartier devait répondre au projet, et non l’inverse.
Pour comprendre cette circulation entre créativité culinaire, formation des équipes et transmission, l’actualité d’un atelier de saveurs en restaurant à Lyon offre un prolongement utile. La restauration ne vit pas uniquement au moment du dîner : elle se construit aussi dans les laboratoires, les essais et les échanges de savoir-faire.
Les Apothicaires ont ainsi laissé l’image d’une maison de couple et d’équipe, où la recherche culinaire avançait au même rythme que la réflexion sur l’accueil.
Gastronomie lyonnaise et actualité restauration, ce que cette fermeture révèle
L’actualité restauration se lit souvent à travers les ouvertures, les récompenses et les nouvelles cartes. Les fermetures méritent pourtant la même attention lorsqu’elles concernent des établissements qui ont compté dans le paysage local. Celle des Apothicaires, en 2023, ne relevait pas d’un effacement discret. Elle disait quelque chose de la capacité des chefs à réévaluer leur outil de travail, à refuser l’immobilité et à préserver les conditions nécessaires pour imaginer la suite.
Lyon possède une tradition gastronomique très commentée, parfois au point de donner l’impression que chaque maison devrait choisir entre patrimoine et modernité. La réalité est moins figée. Les bouchons continuent de jouer leur rôle dans la culture culinaire de la ville, les grandes tables maintiennent une certaine idée du service, tandis que de jeunes chefs font évoluer les formes, les horaires et les goûts. Le parcours des Mey montre que cette diversité ne se vit pas seulement entre établissements : elle peut aussi traverser une même trajectoire professionnelle.
Après la fermeture de leur adresse de la rue de Sèze, les chefs ne disparaissaient pas du paysage lyonnais. Ils restaient impliqués dans Food Traboule, lieu de restauration installé dans la Tour Rose, au 22 rue du Bœuf, dans le Vieux-Lyon. Ce projet collectif, distinct d’un restaurant gastronomique classique, demande une attention continue : coordination d’offres variées, gestion des flux, présence d’équipes et cohérence de l’accueil. Il constituait, selon les termes de Ludovic Mey, leur « gros bébé ».
Cette coexistence entre une table étoilée et un lieu plus ouvert au grand public illustre les modèles devenus fréquents dans la restauration contemporaine. Un chef peut défendre une cuisine de haute précision tout en participant à un projet plus accessible, conçu pour des usages différents. Le premier exige une réservation, du temps et un service long ; le second répond davantage à une promenade, un déjeuner rapide ou une sortie partagée. Les deux univers ne s’opposent pas nécessairement, mais ils demandent des organisations distinctes.
Pour les Lyonnais, la fermeture d’une maison connue pose aussi une question de mémoire. Les repas restent attachés à une adresse précise : un anniversaire, une première découverte, un menu dégusté avant un spectacle ou un accord vin qui a surpris la table. Quand le local change de mains, cette mémoire ne disparaît pas complètement, mais elle cesse d’être renouvelée au même endroit. Les Apothicaires appartiennent désormais à cette géographie mouvante de Lyon, où certaines enseignes demeurent dans les conversations après avoir quitté leur rue.
Il faut éviter pour autant la nostalgie automatique. Une ville gastronomique vivante n’est pas un musée de salles conservées sous cloche. Les adresses changent, les chefs se déplacent, les anciens élèves ouvrent leurs propres maisons et les goûts du public évoluent. L’essentiel est que les transitions se fassent avec lisibilité, respect pour les équipes et clarté pour les clients. Dans le cas présent, la fermeture avait été annoncée, le repreneur trouvé et le dernier service identifié. Ce cadre permettait de comprendre la décision sans alimenter de rumeurs.
Les contraintes économiques rappellent aussi que l’étoile Michelin ne résout pas tout. Une distinction peut accroître la demande, mais elle ne crée ni surface supplémentaire, ni chambre froide, ni réserve, ni espace de travail. Elle implique souvent une exigence accrue sur le produit et sur le niveau de service. Pour un établissement trop petit, la reconnaissance peut donc accélérer la nécessité de changer d’échelle. L’étoile ouvre des perspectives ; elle rend également visibles les limites d’un modèle initial.
Cette situation est particulièrement parlante dans le 6e arrondissement. Quartier de commerces, de bureaux, d’habitat et de restauration, il offre une clientèle attachée à la qualité mais aussi des contraintes immobilières fortes. Les rues autour des Brotteaux et de Foch accueillent des maisons anciennes, des locaux de tailles variées et des rez-de-chaussée dont les caractéristiques techniques ne se prêtent pas toutes à une activité gastronomique. Déplacer un projet demande donc de réunir des critères rares au même endroit.
La fermeture des Apothicaires incite ainsi à lire la gastronomie lyonnaise comme un écosystème. Un restaurant n’est jamais isolé : il dépend de ses producteurs, de ses salariés, de son quartier, de ses fournisseurs de vin, de sa clientèle et de la configuration de ses murs. Lorsqu’un couple de restaurateurs choisit de partir pour créer autrement, c’est toute cette chaîne qui doit être repensée.
Dans une ville où l’on parle volontiers de tradition, l’histoire des Apothicaires rappelle que la fidélité à une cuisine peut précisément passer par le changement.
Après Les Apothicaires, suivre le parcours de Tabata et Ludovic Mey à Lyon
Depuis la fermeture de 2023, parler des Apothicaires demande de distinguer clairement l’adresse historique et le parcours des chefs. Le restaurant de la rue de Sèze est fermé ; il ne faut donc pas orienter un lecteur vers ce lieu pour y réserver une table. En revanche, l’intérêt pour Tabata et Ludovic Mey demeure légitime, tant leur itinéraire a marqué la scène lyonnaise. Pour suivre leur actualité, la première règle consiste à vérifier les annonces publiées directement par les établissements concernés et les canaux professionnels des chefs.
Cette prudence est utile parce que la restauration évolue vite. Une information exacte au moment du dernier service peut devenir obsolète quelques mois plus tard : un projet change de calendrier, un local est retenu puis abandonné, une ouverture est décalée par des travaux ou une équipe se réorganise. Les données historiques, elles, restent stables : ouverture des Apothicaires en 2016, étoile Michelin en 2020, dernier service le 28 avril 2023. Elles forment le socle nécessaire pour lire les annonces ultérieures sans confusion.
À l’époque de leur départ, les chefs envisageaient un futur établissement à Lyon, idéalement dans le 6e ou le 2e arrondissement, tout en refusant de s’enfermer dans une échéance irréaliste. Cette méthode a du sens. Un projet gastronomique ne se réduit pas à la disponibilité d’un local. Il faut examiner l’identité du quartier, le potentiel de la cuisine, les possibilités de cave, l’agencement de la salle, le budget des travaux et la compatibilité avec la vie d’une équipe. La bonne adresse n’est pas nécessairement celle qui apparaît la première.
Le nom Les Apothicaires devait rester propriété de Tabata et Ludovic Mey. Ce point juridique et symbolique a son importance. Une enseigne gastronomique concentre une réputation, des souvenirs et une promesse de cuisine. La conserver permet de décider plus tard si elle doit accompagner un nouveau lieu. Les chefs indiquaient cependant que le bâtiment, son atmosphère et le projet définitif pourraient conduire à un autre nom. Cette réserve évitait de vendre au public une « version 2 » avant même que les contours en soient établis.
Pour les lecteurs qui souhaitent suivre la cuisine des Mey avec méthode, plusieurs réflexes suffisent :
- Vérifier que l’adresse consultée correspond bien à une activité en cours et non à l’ancien restaurant de la rue de Sèze.
- Contrôler les jours de service, les conditions de réservation et les éventuelles fermetures saisonnières sur les canaux officiels.
- Distinguer les projets portés directement par les chefs des lieux où leur nom n’apparaît que dans un contexte passé.
- Prendre en compte le format recherché : dîner gastronomique, restauration plus décontractée ou événement ponctuel ne répondent pas au même usage.
- Consulter les annonces de dernière date avant de prévoir un repas pour une occasion importante.
Ce conseil vaut pour toute la scène lyonnaise. La ville attire une clientèle attentive aux chefs, aux distinctions et aux nouvelles ouvertures ; elle attire aussi des informations imprécises qui circulent longtemps après les changements. Une adresse fermée peut rester présente sur des listes anciennes, des plateformes non mises à jour ou des publications partagées sans date. Dans le cas des Apothicaires, la formulation la plus juste reste donc : une maison historique, fermée en avril 2023, dont les créateurs ont poursuivi leur réflexion et leurs activités au-delà de ce local.
Cette trajectoire permet aussi de mieux apprécier la dimension artisanale de la restauration. Le public voit un nom, une salle et une assiette. Les chefs, eux, composent avec la transmission aux équipes, la recherche, les fournisseurs, les lieux et le temps long. Le départ de la rue de Sèze a rendu cette réalité visible. Il a montré que l’ambition d’un couple de cuisiniers ne se mesure pas au seul maintien d’une adresse, mais à la cohérence entre ce qu’ils veulent proposer et les conditions qui le rendent possible.
À Lyon, les établissements changent parfois de nom, de rive ou de format, mais les parcours solides laissent des traces plus durables qu’une enseigne. Les Apothicaires ont inscrit dans la mémoire récente de la ville une période de sept ans, faite de créativité, de travail collectif, de reconnaissance Michelin et d’une décision assumée de repartir autrement.
Pour suivre Tabata et Ludovic Mey, il convient de garder en tête cette chronologie : les Apothicaires appartiennent à l’histoire gastronomique de la rue de Sèze, tandis que leurs projets relèvent d’un mouvement qui se poursuit ailleurs.
Quand Les Apothicaires ont-ils fermé à Lyon ?
Les Apothicaires ont effectué leur dernier service le vendredi 28 avril 2023 au soir, dans leur établissement historique de la rue de Sèze, à Lyon 6e.
Pourquoi Tabata et Ludovic Mey ont-ils fermé leur restaurant étoilé ?
Les chefs ont expliqué que leur établissement, d’environ 90 m² avec la cuisine et la cave, était devenu trop petit pour développer leur cuisine et améliorer l’expérience en salle.
Les Apothicaires avaient-ils une étoile Michelin ?
Oui. Le restaurant ouvert en 2016 par Tabata et Ludovic Mey a obtenu une étoile au Guide Michelin en 2020.
Le nom Les Apothicaires a-t-il été vendu avec le restaurant ?
Non. Tabata et Ludovic Mey ont indiqué conserver le nom Les Apothicaires, même si le nom d’un futur établissement devait dépendre du lieu et du projet retenus.
Les chefs souhaitaient-ils rester à Lyon après la fermeture ?
Au moment de l’annonce, ils indiquaient vouloir idéalement rester dans le centre de Lyon, avec une préférence évoquée pour le 6e ou le 2e arrondissement, sans adresse arrêtée à ce stade.