Lugdunum, capitale des Gaules
En 43 avant J.-C., Lucius Munatius Plancus, lieutenant de César, fonde sur la colline de Fourvière la colonie romaine de Lugdunum. La ville deviendra sous Auguste la capitale de la province de Gaule lyonnaise, puis la résidence impériale préférée de l'administration romaine en Occident.
Sur le versant occidental de la colline subsistent deux théâtres antiques remarquablement conservés : le Grand Théâtre, pouvant accueillir 10 000 spectateurs — le plus ancien de France —, et l'Odéon, plus petit, dédié aux récitals de musique et de poésie. Chaque été, les Nuits de Fourvière les réactivent pour des spectacles contemporains, dans une continuité culturelle troublante entre l'Antiquité et le présent.
La basilique Notre-Dame de Fourvière
Construite entre 1872 et 1896 sur les plans de Pierre Bossan, la basilique Notre-Dame de Fourvière est un édifice néo-byzantin d'une puissance architecturale peu commune. Elle répond à un vœu collectif de la ville après le siège de 1870 — Lyon avait promis une église si elle était épargnée par les Prussiens.
L'intérieur, couvert de mosaïques sur 5 500 m², est l'un des programmes iconographiques les plus ambitieux du XIXe siècle français. Les mosaïques, réalisées en grande partie par des artisans milanais, retracent l'histoire de la Vierge et les scènes de l'Ancien Testament avec une précision qui confine à l'obsession.
L'architecte lyonnais Tony Garnier parlait de la basilique comme d'« une chauve-souris sur ses quatre tours » — formule devenue légendaire. Elle s'impose pourtant dans le paysage lyonnais avec une évidence qui dépasse les querelles esthétiques.
« Fourvière n'est pas une colline. C'est une certaine manière de regarder Lyon de haut, et de se rappeler que la ville est ancienne. »
Les amphithéâtres des Trois Gaules
À ne pas confondre avec les théâtres antiques du versant ouest : les amphithéâtres des Trois Gaules se trouvent sur le versant nord de la colline, dans l'actuel quartier de la Croix-Rousse. Découverts en 1958 lors de travaux, ils datent du début du Ier siècle apr. J.-C. et constituaient le centre politique de la province — un espace où se réunissaient les délégués des 60 peuples gaulois.
C'est là, selon les textes anciens, que furent martyrisés les premiers chrétiens de Lyon en 177 — Blandine, Pothin et leurs compagnons — lors des persécutions sous Marc Aurèle. Le site est aujourd'hui en cours de mise en valeur par la ville, après des décennies d'abandon relatif.