{"id":486,"date":"2026-09-11T00:17:13","date_gmt":"2026-09-10T22:17:13","guid":{"rendered":"https:\/\/lepetittramassac.fr\/blog\/actualites\/denise-vernay-resistante-lyon\/"},"modified":"2026-09-11T06:14:25","modified_gmt":"2026-09-11T04:14:25","slug":"denise-vernay-resistante-lyon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lepetittramassac.fr\/blog\/actualites\/denise-vernay-resistante-lyon\/","title":{"rendered":"Portrait de Denise Vernay : r\u00e9sistante lyonnaise et s\u0153ur de Simone Veil"},"content":{"rendered":"<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>En bref<\/strong><\/p>\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>Denise Vernay<\/strong>, n\u00e9e Denise Jacob le 21 juin 1924, s\u2019engage tr\u00e8s jeune dans la <strong>r\u00e9sistance fran\u00e7aise<\/strong> sous le nom de \u00ab Miarka \u00bb.<\/li><li>\u00c0 <strong>Lyon<\/strong>, elle assure d\u2019abord des liaisons clandestines pour le mouvement Franc-Tireur, avant de rejoindre les Mouvements unis de la R\u00e9sistance en Haute-Savoie.<\/li><li>Arr\u00eat\u00e9e en juin 1944 alors qu\u2019elle transporte des postes \u00e9metteurs et des fonds destin\u00e9s au maquis des Gli\u00e8res, elle est tortur\u00e9e, emprisonn\u00e9e \u00e0 Montluc puis d\u00e9port\u00e9e.<\/li><li>Survivante de Ravensbr\u00fcck et de Mauthausen, elle consacre ensuite sa vie \u00e0 la <strong>m\u00e9moire<\/strong> des r\u00e9sistants et des d\u00e9port\u00e9s.<\/li><li>Une esplanade du 3e arrondissement de Lyon et une cellule m\u00e9morielle de la prison Montluc portent aujourd\u2019hui son nom.<\/li><\/ul>\n\n<div id=\"ez-toc-container\" class=\"ez-toc-v2_0_87 counter-hierarchy ez-toc-counter ez-toc-grey ez-toc-container-direction\">\n<div class=\"ez-toc-title-container\">\n<p class=\"ez-toc-title\" style=\"cursor:inherit\">Sommaire<\/p>\n<span class=\"ez-toc-title-toggle\"><a href=\"#\" class=\"ez-toc-pull-right ez-toc-btn ez-toc-btn-xs ez-toc-btn-default ez-toc-toggle\" aria-label=\"Toggle Table of Content\"><span class=\"ez-toc-js-icon-con\"><span class=\"\"><span class=\"eztoc-hide\" style=\"display:none;\">Toggle<\/span><span class=\"ez-toc-icon-toggle-span\"><svg style=\"fill: #999;color:#999\" xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg\" class=\"list-377408\" width=\"20px\" height=\"20px\" viewBox=\"0 0 24 24\" fill=\"none\"><path d=\"M6 6H4v2h2V6zm14 0H8v2h12V6zM4 11h2v2H4v-2zm16 0H8v2h12v-2zM4 16h2v2H4v-2zm16 0H8v2h12v-2z\" fill=\"currentColor\"><\/path><\/svg><svg style=\"fill: #999;color:#999\" class=\"arrow-unsorted-368013\" xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg\" width=\"10px\" height=\"10px\" viewBox=\"0 0 24 24\" version=\"1.2\" baseProfile=\"tiny\"><path d=\"M18.2 9.3l-6.2-6.3-6.2 6.3c-.2.2-.3.4-.3.7s.1.5.3.7c.2.2.4.3.7.3h11c.3 0 .5-.1.7-.3.2-.2.3-.5.3-.7s-.1-.5-.3-.7zM5.8 14.7l6.2 6.3 6.2-6.3c.2-.2.3-.5.3-.7s-.1-.5-.3-.7c-.2-.2-.4-.3-.7-.3h-11c-.3 0-.5.1-.7.3-.2.2-.3.5-.3.7s.1.5.3.7z\"\/><\/svg><\/span><\/span><\/span><\/a><\/span><\/div>\n<nav><ul class='ez-toc-list ez-toc-list-level-1 eztoc-toggle-hide-by-default' ><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-1\" href=\"https:\/\/lepetittramassac.fr\/blog\/actualites\/denise-vernay-resistante-lyon\/#Denise_Vernay_de_Nice_a_Lyon_dans_les_annees_de_guerre\" >Denise Vernay, de Nice \u00e0 Lyon dans les ann\u00e9es de guerre<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-2\" href=\"https:\/\/lepetittramassac.fr\/blog\/actualites\/denise-vernay-resistante-lyon\/#La_resistante_Denise_Vernay_dans_les_reseaux_clandestins_de_Lyon\" >La r\u00e9sistante Denise Vernay dans les r\u00e9seaux clandestins de Lyon<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-3\" href=\"https:\/\/lepetittramassac.fr\/blog\/actualites\/denise-vernay-resistante-lyon\/#Larrestation_de_Denise_Vernay_Montluc_et_la_deportation_a_Ravensbruck\" >L\u2019arrestation de Denise Vernay, Montluc et la d\u00e9portation \u00e0 Ravensbr\u00fcck<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-4\" href=\"https:\/\/lepetittramassac.fr\/blog\/actualites\/denise-vernay-resistante-lyon\/#Le_temoignage_de_Denise_Vernay_et_la_memoire_de_la_Resistance\" >Le t\u00e9moignage de Denise Vernay et la m\u00e9moire de la R\u00e9sistance<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-5\" href=\"https:\/\/lepetittramassac.fr\/blog\/actualites\/denise-vernay-resistante-lyon\/#Les_lieux_de_Lyon_qui_perpetuent_le_nom_de_Denise_Vernay\" >Les lieux de Lyon qui perp\u00e9tuent le nom de Denise Vernay<\/a><\/li><\/ul><\/nav><\/div>\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Denise_Vernay_de_Nice_a_Lyon_dans_les_annees_de_guerre\"><\/span>Denise Vernay, de Nice \u00e0 Lyon dans les ann\u00e9es de guerre<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le parcours de Denise Vernay commence sous le nom de Denise Jacob, dans une famille juive fran\u00e7aise dont le destin sera frapp\u00e9 de plein fouet par la <strong>Seconde Guerre mondiale<\/strong>. N\u00e9e \u00e0 Paris le 21 juin 1924, elle grandit dans une fratrie o\u00f9 figurent notamment Madeleine Jacob et sa s\u0153ur cadette, Simone Jacob, devenue plus tard <strong>Simone Veil<\/strong>. Il serait pourtant r\u00e9ducteur de ne pr\u00e9senter Denise qu\u2019\u00e0 travers ce lien familial : son itin\u00e9raire, ses choix et son travail de transmission constituent une histoire autonome.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lorsque la famille Jacob s\u2019installe \u00e0 Nice pendant la guerre, la ville se trouve d\u2019abord dans la zone d\u2019occupation italienne. Cette situation procure un r\u00e9pit relatif \u00e0 de nombreuses familles traqu\u00e9es par les lois antis\u00e9mites de Vichy et par l\u2019administration allemande. Mais ce r\u00e9pit demeure pr\u00e9caire. Apr\u00e8s l\u2019armistice italien de septembre 1943, les arrestations et les rafles se multiplient dans les Alpes-Maritimes, avec une violence qui oblige chacun \u00e0 mesurer le danger quotidien.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Denise Jacob n\u2019attend pas l\u2019effondrement de toute s\u00e9curit\u00e9 pour agir. Elle se rapproche de l\u2019Union g\u00e9n\u00e9rale des isra\u00e9lites de France, institution cr\u00e9\u00e9e sous Vichy et plac\u00e9e dans une position complexe, car elle apporte une aide sociale indispensable tout en restant soumise \u00e0 la surveillance du r\u00e9gime. Dans ce cadre, la jeune femme participe notamment \u00e0 la mise \u00e0 l\u2019abri de personnes juives. Aider \u00e0 cacher, trouver un h\u00e9bergement, transmettre une information ou prot\u00e9ger une identit\u00e9 : ces gestes exigent une prudence constante.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Son exp\u00e9rience dans le scoutisme joue \u00e9galement un r\u00f4le important. \u00c9claireuse, elle porte le surnom de <strong>\u00ab Miarka \u00bb<\/strong>, qui devient bient\u00f4t un nom clandestin. Les mouvements scouts constituent alors un milieu o\u00f9 circulent des habitudes d\u2019entraide, une capacit\u00e9 d\u2019organisation et une connaissance concr\u00e8te du terrain. Il ne s\u2019agit pas d\u2019un d\u00e9cor romanesque : savoir lire un itin\u00e9raire, retenir des consignes, se d\u00e9placer sans attirer l\u2019attention ou improviser devant un contr\u00f4le repr\u00e9sente une comp\u00e9tence d\u00e9cisive dans une France occup\u00e9e.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019engagement de Denise Vernay se construit donc avant son arriv\u00e9e \u00e0 Lyon. Il na\u00eet dans l\u2019urgence des pers\u00e9cutions antis\u00e9mites, mais il ne se limite pas \u00e0 la d\u00e9fense des siens. Sa trajectoire rejoint progressivement celle d\u2019une r\u00e9sistance plus structur\u00e9e, faite de r\u00e9seaux, de courriers, de faux papiers, de liens entre villes et maquis. Cette progression \u00e9claire aussi la place des femmes dans les organisations clandestines : souvent affect\u00e9es aux transmissions ou \u00e0 l\u2019h\u00e9bergement, elles prennent des risques comparables \u00e0 ceux des combattants arm\u00e9s, sans toujours recevoir la m\u00eame visibilit\u00e9 apr\u00e8s-guerre.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans les r\u00e9cits consacr\u00e9s \u00e0 Denise Vernay, le mot <strong>h\u00e9ro\u00efne<\/strong> appara\u00eet fr\u00e9quemment. Il convient de l\u2019employer avec pr\u00e9cision. Son courage est incontestable, mais la formule peut effacer ce qu\u2019elle-m\u00eame mettait au premier plan : l\u2019action collective, la fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 des camarades arr\u00eat\u00e9s ou morts, et la n\u00e9cessit\u00e9 de documenter les faits. Une r\u00e9sistante ne travaille jamais seule ; elle d\u00e9pend d\u2019une cha\u00eene de confiance o\u00f9 chaque maillon peut \u00eatre menac\u00e9.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le passage de Nice \u00e0 Lyon r\u00e9pond \u00e0 cette logique. La capitale des Gaules est alors un centre majeur de la clandestinit\u00e9, malgr\u00e9 la pr\u00e9sence \u00e9troite des forces de r\u00e9pression. Dans les rues, les gares et les appartements discrets, circulent journaux clandestins, consignes, argent, armes et renseignements. Pour Denise Jacob, rejoindre ce monde souterrain signifie accepter de changer de nom, de gestes et parfois d\u2019existence publique.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette premi\u00e8re \u00e9tape rappelle une r\u00e9alit\u00e9 souvent oubli\u00e9e : l\u2019<strong>engagement<\/strong> r\u00e9sistant ne commence pas n\u00e9cessairement par une action spectaculaire. Il s\u2019enracine dans des gestes tr\u00e8s concrets, accomplis alors que la peur s\u2019installe dans les familles et que l\u2019\u00c9tat pers\u00e9cute une partie de ses citoyens. Chez Denise Vernay, l\u2019aide apport\u00e9e \u00e0 Nice ouvre directement sur l\u2019action clandestine men\u00e9e ensuite \u00e0 Lyon.<\/p>\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1672\" height=\"941\" src=\"https:\/\/lepetittramassac.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/portrait-de-denise-vernay-resistante-lyonnaise-e-illustratio.jpg\" alt=\"Illustration \u00e9ditoriale du sujet : Portrait de Denise Vernay : r\u00e9sistante lyonnaise et s\u0153ur de Simone Veil\" class=\"wp-image-488\" srcset=\"https:\/\/lepetittramassac.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/portrait-de-denise-vernay-resistante-lyonnaise-e-illustratio.jpg 1672w, https:\/\/lepetittramassac.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/portrait-de-denise-vernay-resistante-lyonnaise-e-illustratio-300x169.jpg 300w, https:\/\/lepetittramassac.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/portrait-de-denise-vernay-resistante-lyonnaise-e-illustratio-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/lepetittramassac.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/portrait-de-denise-vernay-resistante-lyonnaise-e-illustratio-768x432.jpg 768w, https:\/\/lepetittramassac.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/portrait-de-denise-vernay-resistante-lyonnaise-e-illustratio-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/lepetittramassac.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/portrait-de-denise-vernay-resistante-lyonnaise-e-illustratio-800x450.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 1672px) 100vw, 1672px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Illustration g\u00e9n\u00e9r\u00e9e par intelligence artificielle.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"La_resistante_Denise_Vernay_dans_les_reseaux_clandestins_de_Lyon\"><\/span>La r\u00e9sistante Denise Vernay dans les r\u00e9seaux clandestins de Lyon<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 Lyon, Denise Jacob entre dans le mouvement <strong>Franc-Tireur<\/strong>, l\u2019un des grands mouvements de r\u00e9sistance de la zone sud. Fond\u00e9 d\u00e8s 1941 autour de figures comme Jean-Pierre L\u00e9vy et Jean-Jacques Soudeille, Franc-Tireur d\u00e9veloppe une presse clandestine et participe \u00e0 la structuration de l\u2019opposition au r\u00e9gime de Vichy puis \u00e0 l\u2019occupant allemand. La ville constitue alors un n\u0153ud essentiel de la r\u00e9sistance fran\u00e7aise, mais aussi un territoire soumis \u00e0 une surveillance redoutable.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Denise y conserve son pseudonyme de \u00ab Miarka \u00bb. Derri\u00e8re ce nom se cache une fonction capitale et dangereuse : la distribution de courrier clandestin. Dans une organisation ill\u00e9gale, une lettre n\u2019est jamais un simple pli. Elle peut contenir une instruction, une adresse, un renseignement sur une arrestation, un point de rendez-vous ou une somme d\u2019argent. Sa perte peut compromettre des hommes et des femmes qui ne se connaissent parfois que par leur nom de guerre.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La mission de liaison impose une discipline qui para\u00eet presque banale sur le papier et qui devient vitale dans la rue. Il faut emprunter des parcours changeants, ne pas conserver inutilement un document, rep\u00e9rer les filatures, retenir des consignes sans les noter, et garder un visage calme devant une patrouille. Lyon offre des possibilit\u00e9s de circulation gr\u00e2ce \u00e0 ses quartiers denses, \u00e0 ses pentes, \u00e0 ses quais et \u00e0 ses passages, mais aucune rue ne prot\u00e8ge durablement contre une arrestation.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En avril 1944, Denise Vernay devient agente de liaison des Mouvements unis de la R\u00e9sistance en Haute-Savoie, sous le nom d\u2019<strong>\u00ab Annie \u00bb<\/strong>. Les MUR, cr\u00e9\u00e9s par le rapprochement de Combat, Lib\u00e9ration-Sud et Franc-Tireur, coordonnent une part importante de l\u2019action r\u00e9sistante. Cette nouvelle responsabilit\u00e9 la place sur des trajets plus expos\u00e9s entre les villes et les zones de maquis.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La Haute-Savoie occupe alors une place particuli\u00e8re dans la g\u00e9ographie de la lutte clandestine. Le plateau des Gli\u00e8res, devenu le symbole d\u2019un rassemblement de r\u00e9sistants face aux forces allemandes et miliciennes au d\u00e9but de 1944, reste dans toutes les m\u00e9moires malgr\u00e9 l\u2019attaque qui disperse le maquis en mars. Des r\u00e9seaux continuent toutefois d\u2019acheminer des moyens mat\u00e9riels et financiers vers les groupes arm\u00e9s. Les besoins sont imm\u00e9diats : communiquer, se ravitailler, transmettre des ordres et conserver des contacts.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Deux postes \u00e9metteurs peuvent sembler \u00eatre un chargement technique ; ils repr\u00e9sentent en r\u00e9alit\u00e9 une arme strat\u00e9gique. Sans radio, la liaison avec Londres, les responsables r\u00e9gionaux ou les unit\u00e9s alli\u00e9es devient plus fragile. Les fonds transport\u00e9s permettent, eux, de soutenir les op\u00e9rations et les personnes cach\u00e9es. En acceptant ces missions, Denise Vernay ne se contente plus de faire circuler des messages : elle intervient au c\u0153ur de la logistique n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019existence des maquis.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce travail \u00e9claire la diversit\u00e9 des formes de r\u00e9sistance. Les combats arm\u00e9s ont durablement marqu\u00e9 les images publiques de la guerre, mais un r\u00e9seau tient aussi gr\u00e2ce \u00e0 celles et ceux qui louent une chambre, procurent de faux papiers, portent une valise ou retiennent un mot de passe. Dans cette \u00e9conomie clandestine, le courage se mesure moins \u00e0 la visibilit\u00e9 du geste qu\u2019\u00e0 sa r\u00e9p\u00e9tition sous la menace.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 Lyon, la pr\u00e9sence de la Gestapo, de la Milice et des services de police rend toute mission plus p\u00e9rilleuse \u00e0 partir de 1943 et 1944. Les arrestations touchent les militants chevronn\u00e9s comme les jeunes recrues. Les dossiers de la p\u00e9riode montrent que la r\u00e9pression vise les responsables, mais \u00e9galement les agents de liaison, dont les d\u00e9placements trahissent les r\u00e9seaux. Denise Vernay conna\u00eet ce risque ; elle poursuit n\u00e9anmoins son activit\u00e9.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le lecteur qui souhaite replacer cette histoire dans le paysage lyonnais peut prolonger cette lecture avec <a href=\"\/rosa-arpe-brunel-resistance-lyonnaise\/\">le portrait de Rosa Arpe-Brunel<\/a>, autre figure de la R\u00e9sistance locale. Les parcours diff\u00e8rent, mais une m\u00eame r\u00e9alit\u00e9 s\u2019y dessine : Lyon ne fut pas seulement une ville de passage ou de commandement, elle fut une ville d\u2019actions quotidiennes, men\u00e9es \u00e0 hauteur de trottoir et de cage d\u2019escalier.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019activit\u00e9 de \u00ab Miarka \u00bb puis d\u2019\u00ab Annie \u00bb donne ainsi un visage pr\u00e9cis \u00e0 la clandestinit\u00e9 lyonnaise. Elle rappelle que, dans les r\u00e9seaux de 1944, porter un courrier ou une radio revenait \u00e0 porter une part de la survie collective.<\/p>\n\n<figure class=\"is-provider-youtube is-type-video wp-block-embed wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"T\u00e9moignage : Simone Veil, d\u00e9port\u00e9e \u00e0 Birkenau, Bobrek et Bergen-Belsen\" width=\"500\" height=\"375\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/gvkYWEQa1QM?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Larrestation_de_Denise_Vernay_Montluc_et_la_deportation_a_Ravensbruck\"><\/span>L\u2019arrestation de Denise Vernay, Montluc et la d\u00e9portation \u00e0 Ravensbr\u00fcck<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le 18 juin 1944, Denise Vernay est arr\u00eat\u00e9e par la Feldgendarmerie alors qu\u2019elle transporte deux postes \u00e9metteurs et de l\u2019argent destin\u00e9 au maquis des Gli\u00e8res. Cette date intervient quelques jours apr\u00e8s le d\u00e9barquement alli\u00e9 en Normandie, dans un moment o\u00f9 l\u2019espoir de la <strong>lib\u00e9ration<\/strong> se m\u00eale \u00e0 une intensification de la r\u00e9pression allemande. Pour les r\u00e9seaux clandestins, l\u2019heure n\u2019est pas encore au soulagement : les contr\u00f4les, les arrestations et les violences redoublent.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s son interpellation, Denise est remise \u00e0 la Gestapo. Elle est conduite dans les locaux de la police allemande et subit des interrogatoires accompagn\u00e9s de tortures. Parmi elles figure le supplice dit de la \u00ab baignoire \u00bb, m\u00e9thode consistant \u00e0 maintenir la victime sous l\u2019eau jusqu\u2019\u00e0 l\u2019asphyxie imminente afin d\u2019obtenir des informations. Employer les mots exacts importe : il ne s\u2019agit ni d\u2019une intimidation ni d\u2019un \u00e9pisode secondaire, mais d\u2019une violence organis\u00e9e par les appareils de r\u00e9pression.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La torture vise autant les personnes que les r\u00e9seaux. Les bourreaux cherchent des noms, des adresses, des itin\u00e9raires, des caches et des codes. R\u00e9sister \u00e0 cet interrogatoire, m\u00eame partiellement, signifie prot\u00e9ger des inconnus autant que des proches. Les survivants ont souvent racont\u00e9 combien cette situation cr\u00e9ait une culpabilit\u00e9 durable, car toute information donn\u00e9e ou arrach\u00e9e pouvait mettre quelqu\u2019un en danger. Denise Vernay porte cette \u00e9preuve sans que son action ant\u00e9rieure puisse \u00eatre r\u00e9duite \u00e0 ce seul moment.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle est ensuite intern\u00e9e \u00e0 la prison Montluc, \u00e0 Lyon. Cet ancien fort militaire, utilis\u00e9 par les autorit\u00e9s allemandes \u00e0 partir de 1943, est devenu un lieu central de la r\u00e9pression dans la r\u00e9gion. R\u00e9sistants, Juifs, otages et personnes arr\u00eat\u00e9es lors de rafles y sont d\u00e9tenus avant les interrogatoires, les ex\u00e9cutions, les transferts ou la d\u00e9portation. Une cellule y porte aujourd\u2019hui le nom de Denise Vernay, rappel mat\u00e9riel qui donne une port\u00e9e singuli\u00e8re \u00e0 sa pr\u00e9sence dans la m\u00e9moire lyonnaise.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De Montluc, elle est transf\u00e9r\u00e9e \u00e0 Romainville, pr\u00e8s de Paris, autre lieu majeur d\u2019internement et de d\u00e9part pour les camps. Puis vient la d\u00e9portation \u00e0 Ravensbr\u00fcck, camp principalement destin\u00e9 aux femmes, situ\u00e9 au nord de Berlin. Denise Vernay y est d\u00e9port\u00e9e comme r\u00e9sistante. Les autorit\u00e9s allemandes ignorent alors qu\u2019elle est juive, contrairement \u00e0 d\u2019autres membres de sa famille qui seront d\u00e9port\u00e9s au titre de la pers\u00e9cution raciale.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette distinction administrative ne rend pas son sort moins terrible ; elle permet de comprendre les cat\u00e9gories de r\u00e9pression nazies et les trajectoires diff\u00e9rentes impos\u00e9es aux victimes. Dans les camps, les d\u00e9tenues politiques, les Juives, les prisonni\u00e8res de droit commun, les femmes venues de toute l\u2019Europe occup\u00e9e et les personnes pers\u00e9cut\u00e9es pour diverses raisons sont soumises \u00e0 un syst\u00e8me qui classe pour mieux d\u00e9shumaniser. Ravensbr\u00fcck concentre cette violence faite aux femmes, au travail forc\u00e9, \u00e0 la faim, \u00e0 la maladie et \u00e0 l\u2019\u00e9puisement.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le 2 mars 1945, Denise Vernay est transf\u00e9r\u00e9e \u00e0 Mauthausen dans un convoi de d\u00e9port\u00e9es vou\u00e9es \u00e0 l\u2019extermination. Le camp autrichien et ses annexes comptent parmi les univers concentrationnaires les plus meurtriers. Le transfert, \u00e0 quelques semaines de la fin de la guerre en Europe, montre la persistance du syst\u00e8me nazi alors m\u00eame que son effondrement militaire devient manifeste.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le 21 avril 1945, une d\u00e9l\u00e9gation de la Croix-Rouge internationale obtient sa lib\u00e9ration. Cette d\u00e9livrance ne cl\u00f4t pas m\u00e9caniquement l\u2019\u00e9preuve. Les d\u00e9port\u00e9es reviennent dans un pays qui c\u00e9l\u00e8bre la victoire mais peine souvent \u00e0 entendre ce qu\u2019elles ont v\u00e9cu. Retrouver une identit\u00e9, une famille, une sant\u00e9, parfois des proches disparus, demande des ann\u00e9es. Chez Denise Vernay, l\u2019apr\u00e8s-guerre deviendra pr\u00e9cis\u00e9ment le temps d\u2019un engagement patient pour que cette exp\u00e9rience ne soit ni att\u00e9nu\u00e9e ni confondue.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La prison Montluc se visite aujourd\u2019hui comme m\u00e9morial national. Pour pr\u00e9parer ce parcours avec le contexte n\u00e9cessaire, la lecture de <a href=\"\/elise-rivet-religieuse-resistante-lyon\/\">l\u2019histoire d\u2019\u00c9lise Rivet, religieuse et r\u00e9sistante lyonnaise<\/a> permet de mieux saisir la diversit\u00e9 des destins pass\u00e9s par ce lieu. \u00c0 Montluc, les murs ne racontent pas seuls : les noms, les dates et les r\u00e9cits donnent leur poids \u00e0 chaque cellule.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019arrestation de Denise Vernay rappelle ainsi une v\u00e9rit\u00e9 essentielle sur la guerre clandestine : derri\u00e8re chaque itin\u00e9raire interrompu se trouvent des choix de solidarit\u00e9, puis l\u2019\u00e9preuve d\u2019une violence que la m\u00e9moire doit nommer sans d\u00e9tour.<\/p>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Le_temoignage_de_Denise_Vernay_et_la_memoire_de_la_Resistance\"><\/span>Le t\u00e9moignage de Denise Vernay et la m\u00e9moire de la R\u00e9sistance<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s son retour, Denise Vernay ne se retire pas du monde public. Elle met son exp\u00e9rience au service de la m\u00e9moire de la d\u00e9portation et de la R\u00e9sistance, avec une constance qui se prolonge jusqu\u2019\u00e0 sa mort, le 4 mars 2013. Cette fid\u00e9lit\u00e9 s\u2019exprime par la parole, par le travail associatif et par une attention continue \u00e0 la transmission aupr\u00e8s des g\u00e9n\u00e9rations qui n\u2019ont pas connu la guerre.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La parole des survivants n\u2019a pourtant rien d\u2019\u00e9vident. Pendant les premi\u00e8res ann\u00e9es d\u2019apr\u00e8s-guerre, nombre de d\u00e9port\u00e9s rencontrent l\u2019incompr\u00e9hension, la fatigue ou le silence de leur entourage. Les mots manquent pour raconter les camps ; les familles elles-m\u00eames sont endeuill\u00e9es ou dispers\u00e9es. T\u00e9moigner suppose de revenir sur des sc\u00e8nes traumatiques, mais aussi de r\u00e9sister \u00e0 la tentation d\u2019une histoire simplifi\u00e9e qui ne retiendrait que quelques figures c\u00e9l\u00e8bres.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Denise Vernay participe activement \u00e0 l\u2019Association nationale des anciennes d\u00e9port\u00e9es et intern\u00e9es de la R\u00e9sistance. Cette implication montre que la m\u00e9moire ne se limite pas aux c\u00e9r\u00e9monies comm\u00e9moratives. Une association recueille des r\u00e9cits, d\u00e9fend les droits des survivantes, entretient les liens entre anciennes d\u00e9tenues et contribue \u00e0 faire reconna\u00eetre une exp\u00e9rience longtemps moins \u00e9tudi\u00e9e que celle des hommes d\u00e9port\u00e9s pour faits de r\u00e9sistance.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle compte \u00e9galement parmi les fondatrices de la Fondation pour la m\u00e9moire de la d\u00e9portation. Cette institution contribue \u00e0 pr\u00e9server archives, t\u00e9moignages et travaux historiques, tout en soutenant l\u2019\u00e9ducation civique. Le travail documentaire y tient une place centrale. Sans documents, les n\u00e9gationnismes et les falsifications trouvent plus facilement prise ; sans r\u00e9cits pr\u00e9cis, les noms risquent de devenir des abstractions.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 2010, Denise Vernay livre notamment un t\u00e9moignage recueilli par Aleth et Pierre Kerleroux, publi\u00e9 l\u2019ann\u00e9e suivante dans la revue <em>Historiens et G\u00e9ographes<\/em> sous le titre <em>Une jeune r\u00e9sistante face \u00e0 la r\u00e9pression<\/em>. Ce document offre un acc\u00e8s direct \u00e0 sa parole, avec la sobri\u00e9t\u00e9 d\u2019une personne qui sait que le t\u00e9moignage engage une responsabilit\u00e9. Il permet aussi de replacer les souvenirs individuels face aux archives et aux travaux des historiens.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le livre <em>Miarka<\/em>, d\u2019Antoine de Meaux, a contribu\u00e9 \u00e0 faire mieux conna\u00eetre son itin\u00e9raire. L\u2019auteur s\u2019appuie sur des sources familiales et historiques pour restituer une vie longtemps per\u00e7ue \u00e0 travers le destin de Simone Veil. Cette mise en lumi\u00e8re est utile \u00e0 condition de conserver la juste perspective : Denise Vernay ne devient pas importante parce qu\u2019elle est la s\u0153ur d\u2019une personnalit\u00e9 nationale ; elle est une r\u00e9sistante dont le parcours m\u00e9rite d\u2019\u00eatre \u00e9tudi\u00e9 pour lui-m\u00eame.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les distinctions re\u00e7ues soulignent la reconnaissance officielle de son action. Denise Vernay est commandeure de la L\u00e9gion d\u2019honneur, grand-croix de l\u2019ordre national du M\u00e9rite, titulaire de la croix de guerre 1939-1945 avec palmes et de la m\u00e9daille de la R\u00e9sistance fran\u00e7aise. Ces d\u00e9corations ne remplacent pas le r\u00e9cit des actes, mais elles inscrivent son nom dans la reconnaissance de l\u2019\u00c9tat envers celles et ceux qui ont risqu\u00e9 leur vie contre l\u2019occupation.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans une ville comme Lyon, travailler cette m\u00e9moire garde une port\u00e9e tr\u00e8s concr\u00e8te. Les lieux de la r\u00e9pression ne sont pas \u00e9loign\u00e9s du quotidien : Montluc, les quais, les gares, les rues o\u00f9 les agents de liaison circulaient. La transmission ne consiste donc pas \u00e0 figer le pass\u00e9 dans une c\u00e9r\u00e9monie annuelle. Elle invite \u00e0 comprendre la fragilit\u00e9 des libert\u00e9s et la part de d\u00e9cision individuelle pr\u00e9sente dans les p\u00e9riodes de pers\u00e9cution.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les enseignants, les familles et les lecteurs peuvent s\u2019appuyer sur des ressources institutionnelles plut\u00f4t que sur des r\u00e9cits impr\u00e9cis circulant en ligne. Le M\u00e9morial national de la prison Montluc, les fonds de la Fondation pour la m\u00e9moire de la d\u00e9portation et les collections des Archives de Lyon constituent des points d\u2019appui solides. Cette rigueur honore davantage Denise Vernay que les formules emphatiques.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La m\u00e9moire qu\u2019elle a d\u00e9fendue ne demande pas l\u2019admiration passive. Elle demande de regarder les faits en face, de retenir les noms et de transmettre aux plus jeunes ce que furent le courage, la contrainte et la solidarit\u00e9 dans les ann\u00e9es noires.<\/p>\n\n<figure class=\"is-provider-youtube is-type-video wp-block-embed wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Simone VEIL, Portrait\" width=\"500\" height=\"375\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/MEbYBjm9soo?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Les_lieux_de_Lyon_qui_perpetuent_le_nom_de_Denise_Vernay\"><\/span>Les lieux de Lyon qui perp\u00e9tuent le nom de Denise Vernay<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le nom de Denise Vernay s\u2019inscrit d\u00e9sormais dans l\u2019espace lyonnais, en particulier gr\u00e2ce \u00e0 une esplanade situ\u00e9e dans le 3e arrondissement. Cette d\u00e9nomination publique donne un rep\u00e8re durable \u00e0 une femme dont l\u2019activit\u00e9 clandestine reposait autrefois sur l\u2019effacement, le pseudonyme et la discr\u00e9tion. Passer devant une plaque de rue ne suffit pas \u00e0 comprendre une vie, mais cela peut susciter une d\u00e9marche plus attentive.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La pr\u00e9sence de son nom \u00e0 Lyon m\u00e9rite d\u2019\u00eatre lue en relation avec celui de la prison Montluc. Dans l\u2019ancien lieu d\u2019internement, une cellule porte \u00e9galement son nom. Ce rapprochement entre l\u2019espace urbain ouvert et l\u2019espace carc\u00e9ral conserv\u00e9 comme m\u00e9morial donne une profondeur particuli\u00e8re au souvenir. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, une esplanade v\u00e9cue au rythme du quartier ; de l\u2019autre, une cellule qui confronte le visiteur \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 concr\u00e8te de l\u2019enfermement.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour aborder ces lieux avec s\u00e9rieux, il faut \u00e9viter de transformer la m\u00e9moire en promenade anecdotique. La visite de Montluc demande du temps et une disponibilit\u00e9 r\u00e9elle. Les espaces sont sobres, les parcours individuels nombreux, et les documents pr\u00e9sent\u00e9s exigent une attention que ne permet pas une visite exp\u00e9di\u00e9e entre deux activit\u00e9s. Les conditions pratiques d\u2019acc\u00e8s et les horaires \u00e9voluant selon les p\u00e9riodes, il est prudent de les v\u00e9rifier aupr\u00e8s du M\u00e9morial national avant tout d\u00e9placement.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un itin\u00e9raire m\u00e9moriel lyonnais peut commencer par Montluc, se poursuivre par les quartiers o\u00f9 l\u2019activit\u00e9 clandestine s\u2019organisait, puis conduire vers l\u2019esplanade Denise-Vernay-Jacob. L\u2019int\u00e9r\u00eat n\u2019est pas de reconstituer artificiellement tous les trajets de \u00ab Miarka \u00bb, dont une part relevait n\u00e9cessairement du secret, mais de mesurer la proximit\u00e9 entre les lieux ordinaires de la ville et l\u2019histoire de la r\u00e9pression. Les r\u00e9sistants n\u2019\u00e9voluaient pas dans un d\u00e9cor s\u00e9par\u00e9 : ils prenaient les transports, franchissaient des portes coch\u00e8res, attendaient dans des gares et traversaient les m\u00eames ponts.<\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Rep\u00e8re m\u00e9moriel<\/th>\n<th>Ce qu\u2019il permet de comprendre<\/th>\n<th>Conseil de visite<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Prison Montluc, Lyon 3e<\/td>\n<td>L\u2019internement, les interrogatoires et les d\u00e9parts vers la d\u00e9portation<\/td>\n<td>Pr\u00e9voir une visite lente et consulter les horaires du M\u00e9morial national avant de venir<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Cellule au nom de Denise Vernay<\/td>\n<td>Le passage de la r\u00e9sistante par Montluc apr\u00e8s son arrestation de 1944<\/td>\n<td>Lire les \u00e9l\u00e9ments biographiques pr\u00e9sent\u00e9s sur place avec les autres parcours de d\u00e9tenus<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Esplanade Denise-Vernay-Jacob, Lyon 3e<\/td>\n<td>La reconnaissance municipale d\u2019un parcours r\u00e9sistant et m\u00e9moriel<\/td>\n<td>Associer ce rep\u00e8re \u00e0 une lecture biographique plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 un simple arr\u00eat de parcours<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Archives et fonds m\u00e9moriels lyonnais<\/td>\n<td>Les sources qui permettent de v\u00e9rifier noms, dates et r\u00e9seaux<\/td>\n<td>Consulter les catalogues et les conditions d\u2019acc\u00e8s avant toute recherche<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table><\/figure>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La mise en regard de Denise Vernay et de Simone Veil peut aider \u00e0 comprendre l\u2019ampleur de la trag\u00e9die familiale, \u00e0 condition de ne pas confondre leurs trajectoires. Toutes deux ont connu la pers\u00e9cution nazie et la d\u00e9portation, mais leurs exp\u00e9riences, leurs lieux d\u2019arrestation, leurs parcours de guerre et leurs engagements ult\u00e9rieurs ne se superposent pas. L\u2019histoire gagne en force lorsqu\u2019elle respecte cette singularit\u00e9.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 Lyon, le nom de Denise Vernay donne aussi l\u2019occasion de rappeler l\u2019action de nombreuses femmes engag\u00e9es pendant l\u2019Occupation. Agents de liaison, imprimeuses, h\u00e9bergeuses, passeuses, infirmi\u00e8res, combattantes ou organisatrices de r\u00e9seaux ont longtemps \u00e9t\u00e9 rel\u00e9gu\u00e9es \u00e0 l\u2019arri\u00e8re-plan des r\u00e9cits publics. Les travaux historiques et les m\u00e9moriaux corrigent peu \u00e0 peu cette invisibilit\u00e9, sans pr\u00e9tendre que tout a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 racont\u00e9.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une d\u00e9marche utile consiste \u00e0 pr\u00e9parer la visite par quelques rep\u00e8res simples :<\/p>\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>Lire une biographie document\u00e9e de Denise Vernay, notamment les travaux consacr\u00e9s \u00e0 \u00ab Miarka \u00bb.<\/li><li>Consulter les ressources du M\u00e9morial national de la prison Montluc afin de situer le lieu dans la r\u00e9pression lyonnaise.<\/li><li>Associer les dates \u00e0 leur contexte : entr\u00e9e dans la R\u00e9sistance \u00e0 19 ans, arrestation en juin 1944, d\u00e9portation, puis lib\u00e9ration en avril 1945.<\/li><li>Observer les plaques et noms de rues comme des invitations \u00e0 poursuivre la recherche, non comme des preuves suffisantes en elles-m\u00eames.<\/li><li>Transmettre ces rep\u00e8res avec des mots pr\u00e9cis, en distinguant R\u00e9sistance, internement, d\u00e9portation et pers\u00e9cution antis\u00e9mite.<\/li><\/ol>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette attention aux mots n\u2019est pas une pr\u00e9caution de sp\u00e9cialiste. Elle permet de comprendre ce que Denise Vernay a v\u00e9cu et ce qu\u2019elle a voulu d\u00e9fendre apr\u00e8s-guerre : une m\u00e9moire exacte, incarn\u00e9e, capable de r\u00e9sister au temps comme aux simplifications.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le nom de Denise Vernay inscrit dans Lyon ne d\u00e9signe pas seulement une r\u00e9sistante d\u00e9cor\u00e9e. Il rappelle qu\u2019une jeune femme de 19 ans, sous les noms de Miarka puis d\u2019Annie, a choisi d\u2019agir quand l\u2019\u00e9poque imposait le silence et la peur.<\/p>\n\n<h3>Qui \u00e9tait Denise Vernay ?<\/h3>\n<p>Denise Vernay, n\u00e9e Denise Jacob en 1924, fut une r\u00e9sistante fran\u00e7aise engag\u00e9e \u00e0 Lyon sous le pseudonyme de Miarka. Elle \u00e9tait la s\u0153ur a\u00een\u00e9e de Simone Veil et a consacr\u00e9 sa vie d\u2019apr\u00e8s-guerre \u00e0 la m\u00e9moire de la R\u00e9sistance et de la d\u00e9portation.<\/p>\n<h3>Quel r\u00f4le Denise Vernay a-t-elle jou\u00e9 dans la R\u00e9sistance lyonnaise ?<\/h3>\n<p>Elle a d\u2019abord distribu\u00e9 du courrier clandestin pour le mouvement Franc-Tireur \u00e0 Lyon. En avril 1944, elle est devenue agente de liaison des Mouvements unis de la R\u00e9sistance en Haute-Savoie, sous le nom d\u2019Annie.<\/p>\n<h3>O\u00f9 Denise Vernay a-t-elle \u00e9t\u00e9 d\u00e9tenue apr\u00e8s son arrestation ?<\/h3>\n<p>Apr\u00e8s son arrestation en juin 1944, elle a \u00e9t\u00e9 emprisonn\u00e9e \u00e0 la prison Montluc \u00e0 Lyon, puis transf\u00e9r\u00e9e \u00e0 Romainville avant sa d\u00e9portation \u00e0 Ravensbr\u00fcck.<\/p>\n<h3>Pourquoi Denise Vernay a-t-elle \u00e9t\u00e9 d\u00e9port\u00e9e \u00e0 Ravensbr\u00fcck comme r\u00e9sistante ?<\/h3>\n<p>Les autorit\u00e9s allemandes ne savaient pas qu\u2019elle \u00e9tait juive. Elle a donc \u00e9t\u00e9 d\u00e9port\u00e9e au titre de ses activit\u00e9s de r\u00e9sistante, tandis que d\u2019autres membres de sa famille ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s dans le cadre de la pers\u00e9cution antis\u00e9mite.<\/p>\n<h3>Quels lieux lyonnais portent le nom de Denise Vernay ?<\/h3>\n<p>Une esplanade du 3e arrondissement de Lyon porte le nom de Denise-Vernay-Jacob. Une cellule de la prison Montluc, aujourd\u2019hui M\u00e9morial national, lui est \u00e9galement d\u00e9di\u00e9e.<\/p>\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En bref Denise Vernay, de Nice \u00e0 Lyon dans les ann\u00e9es de guerre Le parcours de Denise Vernay commence sous le nom de Denise Jacob, dans une famille juive fran\u00e7aise dont le destin sera frapp\u00e9 de plein fouet par la Seconde Guerre mondiale. N\u00e9e \u00e0 Paris le 21 juin 1924, elle grandit dans une fratrie [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":487,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[11],"tags":[],"class_list":["post-486","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-patrimoine-histoire"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lepetittramassac.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/486","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lepetittramassac.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lepetittramassac.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lepetittramassac.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lepetittramassac.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=486"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/lepetittramassac.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/486\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":490,"href":"https:\/\/lepetittramassac.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/486\/revisions\/490"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lepetittramassac.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/487"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lepetittramassac.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=486"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lepetittramassac.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=486"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lepetittramassac.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=486"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}